Féria tauromachie : plongée au cœur des traditions et des festivités #
Origines historiques de la tauromachie et des férias #
La tauromachie plonge ses racines dans l’Antiquité méditerranéenne. Des auteurs comme Strabon, historien grec du Ier siècle av. J.-C., évoquent déjà des peuples de la Lusitanie – région correspondant à une partie de l’actuel Portugal – affrontant des taureaux à cheval, dans un cadre à la fois guerrier et rituel. Au nord des Pyrénées, une course de vaches est attestée à Moumour, dans les actuelles Pyrénées-Atlantiques, dès 1469, ce qui montre que les jeux taurins populaires précèdent l’organisation formelle des corridas modernes.
Sur le versant ibérique, les rois de Castille et les nobles organisent dès le IXe siècle des fêtes tauromachiques à cheval, qui seront codifiées progressivement, notamment avec le traité de Dom Duarte, roi du Portugal, rédigé vers 1434, considéré comme une des premières codifications de la tauromachie équestre. Nous voyons ainsi se superposer :
- Des rituels autour des bovins : sacrifices, processions, dévotions à des saints ou à la Vierge.
- Des jeux populaires : courses dans les rues, défis de jeunes paysans aux taureaux sauvages.
- Des spectacles aristocratiques à cheval, préfiguration des corridas de prestige.
Sur le plan linguistique, la notion de féria éclaire autant que l’histoire. Le mot vient du latin feria, qui signifie jour de fête ou jour chômé, et passe en espagnol sous la forme feria pour désigner d’abord une foire commerciale ou agricole. En Espagne et au Portugal, il continue à signifier foire ?, tandis que, dans le domaine taurin, il s’applique à un ensemble de courses de taureaux programmées à l’occasion d’une fête locale. En France, le terme féria ? s’est spécialisé, au XXe siècle, pour désigner quasi exclusivement une fête taurine structurée autour des arènes, et non plus une simple foire, ce que confirme la pratique dans des villes comme Nîmes, Arles, Dax ou Mont-de-Marsan.
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- Étymologie : feria = foire ? en espagnol, mais fête taurine codifiée dans le contexte taurin franco-ibérique.
- Glissement sémantique au XIXe siècle : association croissante foire + courses de taureaux.
- Usage français : féria ? = fête taurine urbaine, avec corridas, bodegas, bandas.
Au fil du XIXe siècle, les villes du Sud organisent leurs foires commerciales – marchés au bétail, foires agricoles – en y adjoignant des courses de taureaux. Ce mouvement, particulièrement structuré en Gascogne dès 1932, conduit à la naissance du trio fête – féria – corrida ?. Les municipalités combinent alors :
- Une dimension économique : foires, marchés, transactions agricoles.
- Une dimension taurine : corridas, courses landaises, courses camarguaises.
- Une dimension festive : bals, concerts, feux d’artifice, défilés.
Nous avons aujourd’hui un système où la fête taurine ? est devenue indissociable des spectacles de taureaux, au point que le Diccionario de la Real Academia Española définit la corrida de toros ? comme une fête qui consiste à combattre un nombre de taureaux sur une place fermée ?. La culture taurine se trouve ainsi encapsulée dans la forme moderne de la féria tauromachie.
Les grandes férias taurines en France et en Espagne #
Sur le territoire français, les grandes fêtes taurines structurent le calendrier du Sud. La Feria de Pentecôte de Nîmes, organisée autour des arènes romaines de plus de 13 000 places, accueille chaque année entre 800 000 et 1 million de visiteurs sur plusieurs jours, selon les chiffres communiqués par la Ville de Nîmes. Elle est complétée par la Feria des Vendanges en septembre, plus courte mais plus orientée vers le public aficionado, avec une forte proportion de corridas formelles et de novilladas.
À Arles, en Camargue, la Feria de Pâques et la Feria du Riz mobilisent les arènes amphithéâtre (environ 12 000 à 13 000 places) autour d’un programme mêlant corridas, courses camarguaises et spectacles équestres. Au Pays basque, les Fêtes de Bayonne
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